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- Maurice, destination incentive

Après avoir ouvert les bras à la Jet-Set et aux peoples, se taillant une réputation de soleil et de qualité de service, l'île Maurice déploie ses charmes pour des incentives de toutes tailles : du séjour de récompense aux séminaires internationaux. Un savoir-faire méconnu.



accueil sega
Des plages de sable blanc et du soleil l'hiver, ces atouts de l'île Maurice sont connus mais ne lui suffisent pas pour marquer la différence vis à vis de ses concurrents. Elle en a d'autres : pas de visa pour les Européens, peu de décalage horaire (3 h en hiver, 2 h en été), des vols aller de nuit qui permettent de gagner une journée sur place, une francophonie totale, une sécurité absolue. Sans oublier quelques éléments qui lui sont totalement propres : le service et surtout une image. Côté service, les compétences et le sourire des personnels mauriciens sont enviés par les hôteliers du monde entier. Imbattables. Côté image, la carte postale des gens célèbres qui vont en hiver bronzer sur les plages court sur les pages de star de la presse du monde entier, faisant de l'île Maurice une destination valorisante dont la qualité rejaillit sur les entreprises qui y programment des séminaires. « L'annonce d'une invitation ou d'un congrès à Maurice est déjà en soi un cadeau », remarque Maurice Elkaim, patron de «Destinations Incentive».

aerial
Un vrai savoir-faire
Congrès, incentives de stimulation, voyage de récompense, l'île Maurice accueille désormais toutes les formules de voyages de groupes. Les organisateurs se sont rodés depuis des années avec une clientèle sud-africaine qui passe pour exceptionnellement exigeante. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle les compagnies américaines Coca-Cola (en 2005) ou IBM (en 2006) y ont organisé leurs séminaires mondiaux. « Notre gros atout, c'est que nous n'avons pas que les bonnes plages pour attirer les entreprises », souligne Andrew Slome, qui a accueilli IBM au Sugar Beach dont il est le directeur, « En dehors du balnéaire et des activités nautiques, il y a beaucoup de choses à faire dans l'île : excursions, rallyes, domaines de chasse, canyoning, rafting ou escalade. Nous pouvons dire que nous sommes une destination d'aventure ! ». Aventure ? Bigre ! Voilà qui ne cadre pas avec l'image habituelle de l'île Maurice ! Et pourtant Maurice Elkaim confirme : « Le fait de pouvoir crapahuter en randonnée dans la montagne est un vrai plus dans un programme balnéaire, on peut désormais varier les plaisirs à Maurice ». S'ajoutent à la nature des golfs, répartis dans toute l'île, et un patrimoine culturel autour de la colonisation ou du sucre (Plantations et musées) notamment. Aux plages et au soleil, la destination a donc ajouté un arrière-pays que ne peuvent pas défendre des concurrents comme les Maldives ou les Seychelles. Et la qualité de service permet d'argumenter face aux Antilles.

Des soirées à thème
Destination multiculturelle, l'île Maurice est passée maître dans l'organisation de soirées à thème qui déclinent toutes ses identités : soirées créoles avec musique Sega, et les très bons groupes de musique sont multiples. Le chanteur Serge Lebrasse, l'un des plus anciens, est toujours actif à 79 ans ! A comparer, dans son genre, à un Compay Segundo. Soirées mauriciennes avec reconstitution, sur la plage ou dans l'hôtel, d'un marché de l'île, avec éplucheurs d'ananas, marchands de glaces traditionnelles, de crêpes, d'épices et herbes médicinales, de marchands de thé, de sarong (paréos), d'artisanat en bois ou en bambou. Une spécialité des hôtels du groupe Sun Resorts (au Sugar Beach ou à La Pirogue). Soirées «Pirates», avec feux de camp et déguisement obligatoire, buffets sur la plage (privatisable bien sûr). Soirées indiennes et même reconstitution d'un mariage indien (une attraction réalisée notamment pour le groupe Total), car une grande partie des habitants de Maurice sont d'origine indienne. Les démonstrations de saris se développent (en coton ou en soie) et sont très prisées par les épouses et les participantes des séminaires. Elles sont souvent complétées de séance de Méhendi (tatouage au henné). De plus en plus, la découverte culinaire est également de mise : dans les restaurants de l'hôtel ou dans des étapes extérieures, avec éventuellement passage par le marché pour acheter les ingrédients, chacun apprend à faire les ruggaïs (sorte de ragoût), le carry créole (jamais trop fort, le piment est à part !), les chutneys de bringelles (aubergines) et des desserts. Une activité très conviviale.

- Maurice, destination incentive
Des espaces privatisables
Pendant de nombreuses années, le groupe Beachcomber a défrayé la chronique en organisant chaque année, pour les meilleurs vendeurs de son hôtellerie, un rallye échevelé à la découverte de l'île avec une star en directeur de course. Désormais l'organisation de tels événements est devenu pratiquement monnaie courante et les options pour privatiser des lieux sont multiples. En grands groupes, cela peut aller de la Citadelle de Port Louis pour un concert (jusqu'à… 2500 personnes) à la privatisation du théâtre de la capitale (seul théâtre à l'italienne de l'Océan indien, une merveille 18ème). Pour petits et grands groupes, à voir le magnifique jardin botanique de Pamplemousse, imaginé par Pierre Poivre pour Mahé de la Bourdonnais. De grandes maisons mauriciennes sont également privatisables comme Euréka, à Moka, avec illuminations surprises et transformation du salon en piste de danse pour une soirée «Bal du gouverneur». A Moka également, le petit restaurant « Escale créole » permet aux petits groupes (maximum 50 personnes) de découvrir une cuisine riche et authentique sous la varangue de la maison de Marie-Louise, une Mauricienne au grand sourire permanent. Dans un genre plus gastronomique, le Domaine St-Denis, à Chamarel, propose une escale qui domine dans un large panorama tout le sud de l'île (75 personnes maximum). La table y est animée par une figure locale, Jacqueline Dalais, disciple d'Escoffier qui demandait à 15 ans un batteur électrique pour son anniversaire. Enfin parmi les classiques, le « sunset cruise », promenade en catamaran pour le coucher du soleil, champagne à la main et amuses-bouche sur le pont. Un point fort du réceptif Connections notamment, qui organise les départs à la demande. Attention, l'activité ne se pratique que sur la partie Ouest de l'île, du côté où se couche le soleil…

Robinson Crusoé
Outre ses plages, l'île Maurice a un atout, ses îles. Elles constituent la destination de virées en catamaran et sont pour beaucoup privatisables. Le Touessrok organise ainsi des barbecues géants, des soirées sega ou indiennes sur l'îlot Mangénie, situé en face de l'hôtel et dont il a un usage exclusif. Ce sont les équipes de l'hôtel qui se démènent pour une cuisine haut de gamme dans un accueil nature. Les pieds dans le sable, la langouste grillée réjouit toujours les groupes. Le groupe Naïade exploite de son côté l'Ile des deux Cocos. Située à 10 km de l'aéroport dans un parc marin protégé, Naïade se fait une spécialité d'y organiser des activités pour forger l'esprit d'équipe : tournois de sumos, chasses au trésor sous l'eau ou sur la plage, épreuves de lutte à la corde… Et la villa de 420 m2 permet d'organiser le soir, sur place, des soirées de gala « pirates », jazz band ou sega, avec feux d'artifices en apothéose. Les groupes se sentent sur ces îles en totale liberté pour inventer des événements, et à Maurice, on répond toujours présent pour organiser des festivités.

- Maurice, destination incentive
Une hôtellerie haut de gamme
Maurice présente malgré tout un point noir : avec une croissance de 15% de sa fréquentation en 2007, les hôtels les plus réputés ont parfois du mal à faire de la place pour des groupes et il faut bien anticiper la demande. «Nous orientons les groupes sur l'un de nos 5 hôtels en fonction de leur taille, mais nous restons toujours dans la limite de 100 chambres environ », reconnaît Virginie Tonnelier, responsable groupes et incentives de Beachcomber, «Il est difficile de gérer les grands groupes car notre clientèle apprécie peu les tables qui s'esclaffent dans le restaurant à côté d'elle. Cela ne correspond pas à notre image, et nous pratiquons donc essentiellement l'incentive haut de gamme ». Même parti pris pour le groupe Constance (Le Prince Maurice et belle-Mare) : « Maurice est aujourd'hui une destination qui marche très bien, il est souvent difficile de caser des groupes», reconnaît Fabienne Joliton, sa représentante à Paris, «Le compromis est délicat si bien que nous avons décidé de proposer deux options : de tout petits groupes peuvent être accueillis au Prince Maurice mais avec un traitement pratiquement identique à une clientèle individuelle, en total sur-mesure. Et des groupes de plus grande importance vont à l'Hôtel Belle-Mare, suffisamment étendu pour que les groupes n'importunent pas la clientèle individuelle. Notre point fort c'est le golf, situé en face de l'hôtel, et la table, avec 7 points de restaurations. La plupart sont privatisables en journée ou en soirée ce qui donne une grande liberté aux groupes. Et la varangue de la salle de conférence permet des cocktails en plein air et un accueil très personnalisé ».
Il est cependant possible de privatiser totalement certains hôtels. C'est l'option qu'avait proposée le Sugar Beach (groupe Sun) à IBM et Coca-Cola, et comme le groupe était important des chambres avaient été bloquées dans l'hôtel voisin, La Pirogue (même groupe) accessible directement par les jardins et la plage en continu. Seule condition : que la réservation soit faite au moins 18 mois à l'avance, pour déprogrammer l'hôtel dans les catalogues des tours-opérateurs. C'est ainsi que le Touessrok (5 étoiles grand luxe, à Trou d'eau douce, sur la côte Est de l'île) fait savoir qu'il sera totalement fermé en mai 2009, pendant un mois, pour une convention internationale. Confidentialité oblige, le directeur de l'hôtel, Jörg Roterberg, refuse de décliner l'identité de son client. Secret bien gardé ou trompettes de la renommée, l'entreprise fait le choix de communiquer ou non. C'est la signature de Maurice.

Touessrok
Destination accessible ?
« Tout le monde n'a pas les moyens d'organiser des séjours 5 étoiles, et d'ailleurs certains hôtels ont vieilli et n'ont plus de 5 étoiles que le nom», remarque Christine Bouzon, responsable groupes et inventives chez Thomas Cook, « Maurice sait aussi faire du 4 étoiles voire du 3 étoiles de qualité! Nous programmons souvent le nouvel hôtel Preskil, à taille humaine avec ses 200 chambres (côte Sud-Est). Le all inclusive doit être bon pour ne pas générer de réclamations, et c'est le cas. Nous avons une bonne écoute qui permet de bien personnaliser l'accueil du client. J'apprécie ». Même qualité d'écoute et d'accueil comme argument pour le all inclusive du groupe Sun Resorts, le Coco Beach situé à belle-Mare (côte Est) : « Nous avons des taux de retour extras », souligne Maurice Elkaïm qui le programme régulièrement, « Avec 4 ou 5 plages privatives, il correspond à des groupes qui demandent de la qualité à un prix tenu, et la créativité des équipes d'animation permet d'imaginer des soirées qui plaisent beaucoup». C'est aussi pour une clientèle moins haut de gamme mais exigeante que Beachcomber a spécialisé son hôtel Shandrani dans cette catégorie du «tout compris» avec un concept «Sérénity Plus» qui permet d'intégrer dans la prestation tous les repas et snacks dans les
4 restaurants de l'hôtel avec toutes les boissons (y compris le champagne) ainsi que la plupart des activités nautiques et terrestres. Spécificité Beachcomber, un barème de déduction a été mis en place pour permettre aux groupes de ne pas renoncer aux excursions (-25 € la journée/pers.,
-30 € la soirée extérieure). Pour tous, la location des salles de conférence est comprise dans le prix ainsi que leurs équipements techniques. Globalement, les hôtels de l'île sont bien équipés et il est possible de trouver sur place des prestataires extérieurs pour les concepts les plus fous, du spectacle pyrotechnique aux jeux de lumière sophistiqués.

Comment s'y prendre
«Dans 95% des cas ce sont des sociétés événementielles qui me contactent. Même sur une île qui paraît facile, l'incentive est un vrai métier qui ne s'improvise pas», souligne Virginie Tonnelier (Beachcomber hôtels). « Je ne vends que de l'hôtellerie, je sais parfaitement gérer tout ce qui se passe à l'intérieur des hôtels mais je reste dans mon métier. Il y a trop d'éléments qui peuvent être oubliés, aussi basiques que les transferts, et je ne veux pas risquer l'insatisfaction». Des billets d'avion à changer en dernière minute, des frais d'annulation, les agences événementielles sont rompues à l'improvisation et surtout, ont inclus les aléas dans leur prix. Les tours-opérateurs ont également des services spécialisés : « En fait, nous pouvons négocier de meilleurs prix que les clients en direct grâce à notre poids tout au long de l'année », souligne Christine Bouzon (Thomas Cook), « Nous n'avons jamais de surbooking et nous développons des liens privilégiés avec l'hôtellerie et notre réceptif, ce qui nous permet de garantir les prestations au top».
Certains grands groupes travaillent cependant en direct, ceux qui disposent de l'infrastructure nécessaire en interne : pour sa convention internationale, IBM a ainsi fait quelque 13 déplacements de préparation sur place, « Et ce n'était pas des vacances », s'amuse (a posteriori !) Shirley Fareedun, Directrice des ventes du Sugar Beach, qui passait à chaque fois la journée entière enfermée à peaufiner les détails de ce meeting énorme, composé de 3 groupes de 600 personnes passant chacune 3 nuits sur place, back to back. Un challenge, mais mission accomplie : le groupe a demandé à revenir en 2010, pour 4 groupes de même importance…

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