Madrid, attention, ville sérieuse
Le cadre d’abord : des façades séculaires élevées à la gloire de souverains dont les galions partaient à la conquête du monde, jouant ici de passages ombragés bordés de colonnades, là-bas de palais altiers, de placettes pavées et d’avenues royales, assez larges pour que s’y croisent des armées d’empire ou des rangées de carrosses. L’ambiance ensuite : elle est forcément influencée par ce cadre grandiose qui en impose, donc elle se fait un tantinet roide, soufflant le respect de ces messieurs en costume sombre, l’ordre et la morale qu’on respecte à la Cour comme à l’église. Le style enfin : les Madrilènes se prennent volontiers pour les gardiens du temple espagnol, bien loin des élans déjantés de Barcelone, l’éternelle rivale, ou des magouilles et du fric facile de Marbella. Alors pour les affaires, c’est l’effet miroir qui donne la recette : rigueur et talent façon grandes écoles de commerce, heures jamais comptées et vista qui dépasse largement les frontières du royaume. Le tout force évidemment l’admiration, oblige à la précision et condamne la désinvolture autant que les petits arrangements.
Cela dit, si le business espagnol en général, madrilène en particulier, s’inspire largement de ces fondamentaux, Madrid (3 millions d’habitants) reste une vraie capitale du Sud. L’invariable douceur des températures incite à porter la robe légère et à dénouer la cravate lorsque la fin de l’après-midi suggère de délaisser le bureau pour aller faire la pause sur une terrasse ensoleillée. Alors, sans délai, on invente la vie autour d’un verre de rioja et de quelques tapas, avec des regards de velours, pendant que les cloches de l’abbaye voisine appellent aux vêpres. Sans doute en réaction à cette journée qui a été frappée au sceau royal, larges artères, immeubles séculaires, limousines allemandes (souvent françaises également) aux vitres fumées, parquets soigneusement cirés, toiles de maîtres jouant des ombres plus souvent que des lumières, réunions respectant l’orthodoxie hiérarchique…, alors la soirée se doit de libérer les tempéraments, le feu, le sang. On parle des toros, des derniers buts du Real (évitez d’encenser les stars du Barça), d’Almodovar, d’amor, des migrants Latinos qui jouent les terreurs en banlieue, des femmes, de passion, d’amor encore. Rien d’étonnant à ce que certains dîners se terminent avec l’aube. Madrid aime effacer la nuit pourvu qu’on soit quand même frais et dispos demain matin à 8 heures pour le premier café. C’est la marque d’une ville qui privilégie les élans de la vie sur ses contingences, qui revendique tout à la fois son héritage, de solides traditions et exige de rester très en prise avec son temps. Résultat, l’économie espagnole affiche l’une des meilleures performances de l’Europe ces vingt dernières années. Le pays des migrants est devenu celui des expatriés. Les grands royaumes ne meurent jamais.
Marc de la Vaissière info@voyageetbusiness.com
A faire, à ne pas faire…
A VOIR SI VOUS AVEZ….
Une heure Filez vers la Plaza Mayor. C’est ici que défile Madrid dernier cri, aussi turbulent que branché, en ligne directe sur les tendances internationales. On est loin des cartes postales d’Espagne, veille dame en noir, flamenco, corrida et paella. Madrid est devenue une grande ville d’Europe et c’est ici qu’elle le prouve. Une journée Impossible de ne pas visiter le Prado. Ce musée d’exception (au niveau de notre Louvre ou de la National Gallery de Londres), abrite toute l’histoire du royaume. Goya, El Greco, Velázquez et tant d’autres y brillent. Pour beaucoup de touristes, il justifie le voyage à Madrid. Ensuite, shopping sur Gran Via et dîner sur place ou bien sur le Paseo de la Castellana, à deux pas de la Plaza Mayor. Ne pas hésiter à prolonger l’apéritif en terrasse, car on ne passe pas à table avant 22 heures. Un week-end Alors, voiture de location et cap sur les trésors d’Espagne. Les palais de Tolède ou l’adorable petit village d’Aranjuez, ainsi que le monastère de l’Escorial, voire Segovia, ne sont qu’à une grosse heure de route de la capitale. Ce sera en outre l’occasion de passer la nuit dans un monument historique transformé en hôtel de charme, souvent luxueusement aménagé. Ce sont les "Paradores", une vraie originalité du pays. La table y est invariablement somptueuse.
Pratique
Y aller. Vols quotidiens assurés par Air France (36 54 et www.airfrance.fr et Iberia (0 825 800 965 et www.iberia.fr. Le vol dure 1h40 et il n’y a pas de décalage horaire avec la France. Pas de formalités particulières pour les Français. En ville L’aéroport Barajas est à 16 km du centre-ville. La course en taxi coûte environ 40 €. Langue De nombreux Espagnols parlent le français et l’anglais. Se renseigner : Office de tourisme espagnol (01 45 03 82 50 et www.espagne.infotourisme.com. Dans la même rubrique :
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