Publié le 17 mai 2024

La clé pour maîtriser les coûts de roaming et la cybersécurité mobile ne réside pas dans le choix d’un seul outil, mais dans l’orchestration d’un écosystème technologique centralisé et gouverné.

  • Les coûts du roaming de données non maîtrisé peuvent être jusqu’à 5 fois supérieurs à ceux des solutions eSIM d’entreprise gérées.
  • Les appareils mobiles non managés constituent le principal vecteur de fuites de données et d’attaques lors des déplacements professionnels à l’étranger.

Recommandation : Mettez en place une politique de connectivité et de sécurité à plusieurs niveaux, basée sur le profil de risque des voyageurs, en combinant des solutions MDM, des eSIM d’entreprise et des contrats flotte optimisés.

Pour tout DSI, la gestion d’une flotte mobile internationale s’apparente à un exercice d’équilibriste sur un fil tendu entre deux précipices : d’un côté, des factures de roaming pouvant exploser de manière exponentielle et, de l’autre, des failles de sécurité béantes exposant les données les plus critiques de l’entreprise. Le scénario est classique mais dévastateur : un collaborateur enchaîne les visioconférences à l’étranger, pensant être sur un réseau fiable, et déclenche à son insu une consommation de données hors forfait qui se chiffre en milliers d’euros. Ou pire, il se connecte à un Wi-Fi public malveillant, offrant un accès direct aux informations confidentielles de l’entreprise à des cybercriminels.

Face à cette double menace, les réponses habituelles – souscrire à des « pass voyage » coûteux, conseiller l’achat de cartes SIM locales peu pratiques, ou simplement interdire l’usage des données – ne sont plus adaptées aux impératifs d’agilité et de productivité des entreprises modernes. Ces solutions tactiques ne résolvent pas le problème de fond : l’absence de contrôle et de visibilité. La véritable question n’est plus « quel outil utiliser ? » mais « comment construire un système ? ».

Cet article propose de dépasser l’approche réactive pour adopter une vision stratégique. La solution ne réside pas dans une rustine, mais dans la mise en place d’une gouvernance technologique centralisée. Il s’agit d’orchestrer un écosystème de connectivité hybride (eSIM, contrats opérateurs, MDM) capable d’arbitrer intelligemment les usages en fonction du profil de risque et des besoins de chaque collaborateur. L’objectif est de transformer une source de coûts et de dangers en un avantage compétitif, où la connectivité est garantie, sécurisée et financièrement maîtrisée.

Nous allons décortiquer les mécanismes de ces coûts cachés, évaluer les risques de sécurité inhérents à la mobilité, et définir les briques technologiques et organisationnelles indispensables pour bâtir une politique de flotte mobile robuste, agile et pérenne.

Pourquoi une réunion Zoom de 1h au Japon peut coûter 3000 € ?

Ce chiffre choc n’est pas une fiction, mais la conséquence directe d’un phénomène que les DSI redoutent : le « bill shock » lié au roaming de données. Une heure de visioconférence en haute définition peut consommer entre 1 et 2 Go de données. Au Japon, un pays souvent hors des forfaits européens de base, le coût du mégaoctet en roaming standard peut atteindre des sommets. Le calcul est rapide et brutal : 2 Go à un tarif non négocié de 15€/Mo (un prix courant hors forfait) peuvent théoriquement dépasser les 30 000 €, mais les opérateurs plafonnent souvent à des factures de plusieurs milliers d’euros qui restent inacceptables. Le véritable danger réside dans l’asymétrie de l’information : le collaborateur ignore le coût réel, tandis que la DSI n’a aucune visibilité en temps réel sur la consommation.

Cette explosion des coûts est due à la structure tarifaire du roaming traditionnel, où chaque mégaoctet est facturé à un prix prohibitif une fois les maigres enveloppes data des options voyage épuisées. Les synchronisations cloud en arrière-plan, les mises à jour d’applications et le streaming vidéo sont autant de pièges qui transforment un smartphone professionnel en gouffre financier. Des études récentes le confirment : les utilisateurs d’eSIM paient en moyenne 3-5 € par Go, alors que le roaming traditionnel peut facilement atteindre 15 à 20 € par Go, voire plus dans les zones les plus reculées.

Pour un DSI, comprendre cette mécanique est la première étape. La seconde est de visualiser l’inefficacité des solutions standards face à des alternatives managées.

Comparatif des solutions de connectivité internationale pour entreprises
Solution Coût moyen/Go Contrôle IT Visibilité temps réel
Roaming standard 15-50€ Faible Non
Pass voyage opérateur 5-15€ Moyen Limitée
eSIM corporate 3-8€ Total Oui

Ce tableau met en évidence un point crucial : le problème n’est pas la consommation de données elle-même, qui est un besoin légitime de l’entreprise, mais l’absence de gouvernance technologique pour la maîtriser. Laisser un collaborateur utiliser le roaming standard, c’est comme lui donner une carte de crédit d’entreprise sans plafond et sans reporting.

Comment interdire l’usage des Wi-Fi publics dangereux aux collaborateurs ?

L’interdiction de l’usage des Wi-Fi publics ne peut plus être une simple recommandation dans une charte informatique. Pour un DSI, c’est une règle qui doit être appliquée techniquement et sans exception. Les réseaux Wi-Fi ouverts dans les aéroports, les hôtels ou les cafés sont le terrain de jeu favori des cybercriminels pour mener des attaques de type « Man-in-the-Middle » (MitM). En créant un faux point d’accès (un « jumeau maléfique »), un attaquant peut intercepter l’intégralité du trafic non chiffré, capturant ainsi identifiants, mots de passe, e-mails et données sensibles.

Face à ce risque majeur, la seule réponse viable est l’application d’une politique de sécurité stricte via une solution de Mobile Device Management (MDM). Le MDM permet à la DSI de reprendre le contrôle total sur la configuration réseau des terminaux de la flotte. Plutôt que de compter sur la vigilance de l’utilisateur, qui peut être faillible, la DSI peut imposer des barrières techniques infranchissables. Il ne s’agit plus de « demander » de ne pas se connecter, mais de « rendre impossible » la connexion à des réseaux non approuvés.

La mise en œuvre d’une telle politique repose sur plusieurs piliers techniques :

  • Configuration d’une liste noire (blacklist) de SSID : Le MDM peut interdire activement la connexion à tous les réseaux Wi-Fi ouverts connus ou ne correspondant pas à une liste blanche (whitelist) prédéfinie (par exemple, les réseaux des bureaux de l’entreprise).
  • Forçage automatique du VPN : La politique MDM peut être configurée pour qu’à chaque fois qu’une connexion est établie sur un réseau inconnu ou non sécurisé, le VPN d’entreprise s’active automatiquement, chiffrant ainsi tout le trafic et le rendant inexploitable pour un attaquant.
  • Geofencing et politiques contextuelles : Il est possible de durcir les règles de sécurité en fonction de la localisation de l’appareil. Par exemple, désactiver complètement le Wi-Fi lorsque le collaborateur entre dans une zone géographique jugée à haut risque.

Cette approche proactive est la seule qui garantisse un niveau de protection cohérent sur l’ensemble de la flotte. Comme le soulignent de nombreux experts, les attaques Man-in-the-Middle représentent une menace critique sur les réseaux non sécurisés, et la seule parade efficace est de retirer le facteur humain de l’équation de décision.

eSIM ou achat local : quelle est la solution la plus agile en 2024 ?

La comparaison traditionnelle entre l’achat d’une carte SIM locale et l’activation d’un pass de roaming est devenue obsolète avec la maturité de la technologie eSIM (embedded SIM). Pour un DSI, l’eSIM n’est pas simplement une « SIM dématérialisée » ; c’est un levier stratégique de gouvernance, d’agilité et de contrôle des coûts à l’échelle d’une flotte entière. Alors que l’achat local impose une gestion des frais, une perte de temps pour le collaborateur et une absence totale de visibilité pour l’entreprise, l’eSIM corporate permet un déploiement centralisé et instantané.

Comparaison visuelle entre technologie eSIM et carte SIM physique pour voyageurs d'affaires

Comme l’illustre cette image, le passage de la SIM physique à l’eSIM représente un saut technologique majeur. La DSI peut, depuis une plateforme unique, « pousser » un profil de connectivité sur le terminal d’un collaborateur avant même son départ. Ce profil peut être adapté à la destination, à la durée du séjour et au profil de l’utilisateur, avec des enveloppes data et des règles de sécurité prédéfinies. Cette capacité de déploiement à distance et en temps réel offre une gouvernance supérieure qui est tout simplement impossible à atteindre avec des cartes SIM physiques.

L’adoption de cette technologie n’est plus une perspective lointaine. En 2024, plus de 440 opérateurs dans 123 pays proposent des services eSIM. Les entreprises adoptent massivement cette solution pour sa flexibilité. Un DSI peut ainsi assigner un forfait de 5 Go pour un voyage de trois jours à Dubaï à un commercial, et un forfait illimité pour une semaine à New York pour un membre du comité de direction, le tout en quelques clics. Cette granularité est la clé de l’optimisation des coûts. Le marché ne s’y trompe pas, et les dernières projections de marché pour les eSIM de voyage prévoient une croissance explosive, atteignant 709,68 millions de dollars dès 2026.

En définitive, l’achat local reste une solution de dépannage individuelle, tandis que l’eSIM est une solution stratégique d’entreprise qui allie contrôle, agilité et optimisation financière.

Le danger de laisser un collaborateur partir avec des données sensibles sur son mobile

Un smartphone ou un ordinateur portable qui quitte le territoire national n’est pas seulement un outil de travail ; c’est une extension du système d’information de l’entreprise, contenant potentiellement des données clients, des secrets commerciaux, des accès à des systèmes critiques. Le laisser voyager sans une protection adéquate est une négligence aux conséquences potentiellement catastrophiques. Le risque de perte ou de vol de l’appareil est la menace la plus évidente, mais le danger est bien plus insidieux. Un appareil non sécurisé est une porte d’entrée pour l’espionnage industriel, notamment dans les zones à haut risque géopolitique.

Les chiffres sont alarmants et démontrent que la menace n’est pas théorique. Selon une étude récente, les menaces d’origine interne, qu’elles soient malveillantes ou accidentelles, sont en forte hausse : une étude de Securonix révèle que 76% des organisations ont signalé des attaques internes en 2024, un chiffre en augmentation constante. Un collaborateur qui connecte son appareil non sécurisé à un réseau compromis ou qui est victime d’un vol de données constitue une brèche de ce type.

La seule réponse efficace à ce risque est la conteneurisation des données. Grâce à des technologies comme Android Enterprise Work Profile ou Samsung Knox, il est possible de créer une partition hermétiquement scellée sur l’appareil. Cet « espace de travail » chiffré isole complètement les applications et les données professionnelles des applications et données personnelles. Pour la DSI, cette approche offre plusieurs avantages décisifs :

  • Séparation stricte : Les politiques de sécurité (mots de passe complexes, chiffrement, restrictions de partage) ne s’appliquent qu’au conteneur professionnel, sans impacter l’expérience personnelle de l’utilisateur.
  • Effacement à distance sélectif : En cas de perte, de vol, ou de départ du collaborateur, la DSI peut effacer à distance uniquement le conteneur professionnel, laissant les données personnelles intactes. C’est une garantie essentielle pour la conformité RGPD et pour la tranquillité d’esprit de l’employé.
  • Contrôle des flux de données : La conteneurisation empêche le copier-coller d’informations depuis l’espace de travail vers l’espace personnel, ou le transfert de fichiers professionnels via des applications non approuvées.

Laisser partir un collaborateur avec un téléphone « nu » revient à laisser la porte du serveur grande ouverte. La conteneurisation est la serrure de haute sécurité indispensable à toute stratégie de mobilité internationale.

Quand renégocier votre contrat flotte pour inclure les zones « Monde » ?

La décision d’intégrer une option « Monde » à un contrat de flotte mobile n’est pas une question de confort, mais un calcul de rentabilité précis. Pour un DSI, le statu quo consistant à gérer les voyages long-courriers au cas par cas avec des pass individuels devient rapidement un casse-tête administratif et une source de coûts imprévisibles. La renégociation du contrat flotte devient pertinente dès que le volume de voyages hors de la zone principale (généralement l’Europe) atteint un seuil critique.

L’analyse du seuil de rentabilité est l’outil principal pour guider cette décision. Il s’agit de comparer le coût annuel d’une option « Monde » mutualisée pour toute la flotte (ou pour un groupe d’utilisateurs « grands voyageurs ») avec la somme des coûts des pass individuels achetés sur la même période. Une analyse simplifiée montre clairement le point de bascule.

Analyse du seuil de rentabilité pour l’option Monde
Nombre de voyages/an Coût pass individuels Option Monde flotte Économie potentielle
< 10 voyages 500-1000€ 2000€/an Non rentable
10-30 voyages 1500-3000€ 2000€/an 0-1000€
> 30 voyages 3000€+ 2000€/an 1000€+

Ce tableau, bien que schématique, illustre la logique : en dessous d’un certain volume, le coût fixe de l’option globale n’est pas justifié. Au-delà de ce seuil, non seulement l’option devient rentable, mais elle simplifie drastiquement la gestion et élimine le risque de « bill shock ». Cependant, la stratégie la plus avancée en 2024 est le modèle hybride. Les entreprises les plus matures combinent un contrat flotte optimisé pour leurs zones de voyage les plus fréquentes (ex: Europe + Amérique du Nord) et complètent ce socle avec des eSIM corporate pour les destinations plus rares. Cette approche combine le meilleur des deux mondes : des tarifs dégressifs grâce au volume sur les destinations clés et une flexibilité totale à un coût maîtrisé pour les voyages occasionnels.

La renégociation ne doit donc pas viser un contrat monolithique « tout inclus », mais un arbitrage intelligent entre les forfaits mutualisés et les solutions à la demande comme l’eSIM, le tout piloté par une plateforme de gouvernance centralisée.

VPN, Écran de confidentialité, USB : quel est le kit minimum du voyageur ?

La sécurité en déplacement ne se limite pas aux logiciels. Une protection efficace repose sur une défense en profondeur qui combine des barrières logicielles, des protections physiques et une sensibilisation des utilisateurs. Pour un DSI, définir et imposer un « kit de sécurité minimum » pour chaque voyageur est un impératif. Ce kit n’est pas une option, mais la base d’une politique de sécurité mobile cohérente. Il doit être simple, non négociable et adapté au niveau de risque de la destination.

Kit de sécurité numérique pour voyageur d'affaires avec dispositifs de protection

Ce kit de base, symbolisé ci-dessus, doit inclure trois éléments fondamentaux. Premièrement, le VPN d’entreprise doit être actif en permanence sur tous les appareils (ordinateurs et mobiles) dès qu’ils se connectent à un réseau externe. C’est la première ligne de défense, chiffrant le trafic et masquant l’adresse IP de l’utilisateur. Deuxièmement, l’écran de confidentialité physique est indispensable pour les ordinateurs portables. Il empêche les regards indiscrets dans les lieux publics (trains, aéroports, lobbys d’hôtel), une technique de vol d’information simple mais redoutablement efficace connue sous le nom de « visual hacking ».

Enfin, le bloqueur de données USB (USB data blocker), souvent négligé, est un accessoire critique. Ce petit adaptateur se place entre le câble USB et le port de recharge public (dans un aéroport ou un train, par exemple) et bloque physiquement les broches de transfert de données, ne laissant passer que l’alimentation. Il prévient ainsi les attaques de type « juice jacking », où un port USB compromis peut installer un malware ou aspirer les données de l’appareil. Ces trois éléments constituent le socle de la sécurité physique et logique pour tout collaborateur en déplacement.

Plan d’action : déployer une politique de sécurité à plusieurs niveaux pour les voyageurs

  1. Niveau 1 (tous les voyageurs) : Déployer le VPN d’entreprise comme obligatoire sur tous les terminaux et dispenser une formation de base sur les risques en cybersécurité (phishing, ingénierie sociale).
  2. Niveau 2 (destinations sensibles) : En plus du niveau 1, fournir un « clean phone » (téléphone dédié au voyage avec un minimum d’applications) et imposer la conteneurisation stricte des données professionnelles.
  3. Niveau 3 (zones à haut risque) : Interdire totalement l’usage des réseaux Wi-Fi. La connectivité data doit se faire exclusivement via une eSIM d’entreprise sécurisée et gérée centralement.
  4. Vérification du matériel : Standardiser la flotte sur des smartphones intégrant une puce de sécurité dédiée (comme Samsung Knox ou Apple Secure Enclave) pour une protection matérielle renforcée.
  5. Protection physique systématique : Rendre obligatoire l’utilisation d’un écran de confidentialité pour les ordinateurs portables et fournir un bloqueur de données USB à chaque voyageur.

Cette approche stratifiée permet d’adapter le niveau de protection au niveau de menace, optimisant ainsi la sécurité sans entraver inutilement la productivité des collaborateurs dans des zones à faible risque.

Comment vérifier le débit réel du Wi-Fi d’un hôtel avant de signer le contrat ?

Pour un DSI, la connectivité en déplacement n’est pas un sujet de confort, mais un enjeu de productivité. Un collaborateur incapable de participer à une visioconférence ou de télécharger un fichier volumineux à cause d’un Wi-Fi d’hôtel défaillant représente une perte sèche pour l’entreprise. Le débit affiché dans les brochures commerciales est souvent un argument marketing déconnecté de la réalité. Il est donc crucial d’intégrer la vérification de la connectivité dans le processus de sélection des hébergements, en collaboration avec les Travel Managers.

Cette vérification ne peut se contenter d’un simple test de vitesse générique. Une approche professionnelle doit évaluer la connectivité dans des conditions réelles d’utilisation professionnelle. Le marché du roaming data a enregistré une croissance annuelle de 22% du trafic data en roaming entre 2019 et 2024, ce qui démontre la dépendance croissante à une connectivité performante, que ce soit en cellulaire ou en Wi-Fi. Une mauvaise connexion Wi-Fi pousse les employés à utiliser leurs données mobiles, augmentant ainsi les risques de surcoûts.

Pour objectiver cette évaluation, les DSI et Travel Managers doivent mettre en place une checklist de tests standardisée :

  1. Intégrer des SLA dans les contrats : Lors de la négociation de contrats avec des chaînes hôtelières, il faut intégrer des clauses de niveau de service (SLA) garantissant un débit minimum symétrique (par exemple, 10 Mbps en upload et download), sous peine de pénalités.
  2. Tester la connexion vers l’entreprise : Un test de vitesse (via Speedtest, par exemple) doit être effectué non pas vers le serveur le plus proche, mais vers les serveurs de l’entreprise. Cela donne une mesure plus réaliste de la latence et du débit pour l’accès aux ressources internes.
  3. Vérifier la stabilité du VPN : Le test le plus important est de maintenir une connexion stable au VPN de l’entreprise pendant plusieurs dizaines de minutes. De nombreux réseaux hôteliers bon marché bloquent ou dégradent les connexions VPN.
  4. Simuler une visioconférence : Il faut vérifier que les ports nécessaires aux applications de communication (comme les ports UDP 3478-3481 pour Microsoft Teams ou Zoom) ne sont pas bloqués par le pare-feu de l’hôtel.
  5. Créer une base de données interne : Les retours des collaborateurs doivent être centralisés dans une base de données interne qui note la qualité de la connectivité de chaque hôtel, créant ainsi un référentiel fiable pour les futures réservations.

Cette approche transforme la sélection des hôtels d’une simple question de prix et de localisation en une décision stratégique qui garantit la productivité et la sécurité des équipes nomades.

À retenir

  • La gouvernance centralisée est la clé : La maîtrise des coûts et des risques passe par des plateformes (MDM, gestion eSIM) qui donnent à la DSI une visibilité et un contrôle en temps réel sur toute la flotte.
  • L’approche hybride est supérieure : La stratégie la plus efficace combine des contrats flotte optimisés pour les zones fréquentes et des solutions agiles comme l’eSIM pour les destinations occasionnelles.
  • La sécurité est un écosystème : La protection efficace repose sur une défense en profondeur alliant des barrières techniques (conteneurisation, VPN forcé) et des protections physiques (écran de confidentialité, bloqueur USB).

Comment supprimer les avances de frais personnels grâce aux nouvelles solutions de paiement ?

La gestion des notes de frais, et en particulier des avances pour des dépenses comme la connectivité, est un anachronisme coûteux et inefficace pour les entreprises et une source de frustration pour les collaborateurs. Demander à un employé d’avancer le coût d’une carte SIM locale ou d’un pass data est un processus archaïque à l’heure où les solutions de paiement intégrées permettent d’atteindre un objectif clair : le « zéro note de frais » pour la connectivité.

La convergence des plateformes de gestion de voyages d’affaires, des cartes de paiement virtuelles et des solutions de connectivité comme l’eSIM a donné naissance à un écosystème entièrement intégré. Dans ce modèle, le processus est fluidifié de bout en bout. Le collaborateur réserve son voyage via la plateforme de l’entreprise ; une carte de paiement virtuelle à usage unique est générée pour ses dépenses autorisées ; et un profil eSIM avec un forfait data pré-approuvé est automatiquement « poussé » sur son smartphone.

Étude de cas : L’écosystème de voyage intégré « zéro note de frais »

Des entreprises leaders dans la gestion des voyages d’affaires proposent désormais des solutions où la réservation, le paiement et la connectivité sont unifiés. Lorsqu’un voyage est validé, la plateforme assigne automatiquement au profil du voyageur une carte virtuelle avec un budget défini et un forfait eSIM adapté à sa destination. La facturation de la consommation data est centralisée et envoyée directement au service comptable de l’entreprise, sans aucune intervention ni avance de frais de la part du salarié. Cette approche élimine non seulement la charge administrative, mais offre également à la DSI et à la direction financière une visibilité totale et en temps réel sur les dépenses.

L’adoption de ce modèle est facilitée par la large compatibilité du matériel existant. En 2024, il existe déjà plus de 271 modèles d’appareils compatibles eSIM, rendant cette transition possible pour la grande majorité des flottes d’entreprise sans nécessiter un renouvellement massif du parc. En dissociant totalement la connectivité professionnelle des finances personnelles du collaborateur, l’entreprise gagne en contrôle, en efficacité comptable et en satisfaction des employés. C’est la dernière brique pour construire une politique de mobilité véritablement moderne et maîtrisée.

Pour une mise en œuvre réussie, l’étape suivante consiste à réaliser un audit complet de votre politique de mobilité actuelle afin d’identifier les gisements d’optimisation des coûts et les failles de sécurité, et de construire un business case solide pour la migration vers un modèle de gouvernance centralisée.

Rédigé par Consultante Innovation & Tech Scout Chloé Dujardin, Ingénieure de formation, chasseuse de tendances technologiques. 10 ans d'expérience en veille stratégique et Open Innovation. Parcourt la Silicon Valley, Tel Aviv et Shenzhen pour connecter les grands groupes aux startups disruptives.